Le SDER pour « Schéma de développement de l’espace régional » sera discuté lors du prochain conseil communal, mais… de quoi s’agit-il exactement ?

Le SDER constitue un document d’orientation, et vise à proposer un projet de territoire, une vision, de ce que sera demain notre région. Il s’agit d’un document faîtier, dans la mesure où il est le seul envisageant la région dans sa globalité.

Le premier document de ce type datait de 1999 et n’avait, depuis, fait l’objet d’aucune actualisation. Raison pour laquelle le SDER dans sa nouvelle version, fruit d’un travail de longue haleine avec l’ensemble des acteurs, était devenu indispensable et était surtout très attendu.

Ce document a pour vocation de répondre aux différents défis (démographique, climatique, énergétique, de compétitivité, de cohésion sociale, de mobilité, de biodiversité, et de maintien de terres agricoles) qui nous attendent. Pour ce faire, il identifie des Objectifs auxquels il souhaite répondre, et propose une structuration du territoire en conséquence. Objectifs dont nous avons déjà eu l’occasion de débattre à Hamois en janvier 2013 (voir PV du conseil communal de janvier : page 20 pour l’avis de la majorité et page 21 pour l’avis du groupe Ecolo).

La structuration du territoire proposée vise à déterminer des lieux de polarités, des aires ainsi que des réseaux.

Des lieux de polarité afin d’éviter l’éparpillement de l’urbanisation, fort consommatrice d’espace et destructrice, in fine, de l’identité rurale car génératrice de flux dispersés. Sans compter les coûts d’entretien et d’équipement engendrés, et ce à charge de la collectivité.

Sont dès lors déterminées des notions telles que les « territoires centraux » qui peuvent notamment être des villages centraux (à savoir des villages qui répondent aux critères de concentration en logements, de présence de services de proximité et de transports en commun), et dans lesquels la volonté est d’augmenter la population afin de pouvoir y maintenir des services de base, (tels que des écoles, des crèches, des pharmacies, des commerces de proximité,…) ainsi que des pôles, retenus sur la base de leur niveau d’équipements actuel ou potentiel dont le rayonnement dépasse l’échelle locale, et dans lesquels la volonté est de renforcer l’offre de services et d’équipements (tels que des centres d’enseignement secondaires, des équipements sportifs spécialisés ou encore une offre en soin adaptée).

Sont ensuite déterminées des aires, parmi lesquelles des bassins de vie, comportant un ou plusieurs pôles, et qui correspondent aux territoires dans lesquels nous nous déplaçons fréquemment pour accéder à des commerces, services et équipements qui dépassent les besoins de base. Cette approche par bassins de vie, qui vise la réduction de nos dépenses énergétiques, constitue une échelle de réflexion supracommunale pour permettre une implémentation optimale de nouveaux logements, services ou équipements. Le SDER contient, de manière indicative, une carte de ces bassins de vie, et précise la méthode d’identification de ceux-ci.

Le document détermine, pour finir, également des réseaux : routier, fluvial, ferroviaire (marchandises et personnes), de transport aérien, de bus, cyclable, ainsi que de transport d’énergie. L’objectif étant de renforcer la cohérence de tous ces réseaux entre eux.

Concrètement, pour la commune de Hamois, le pôle le plus proche se situe à Ciney, suivis de Marche-en-Famenne et Dinant, et la grande majorité de la commune de Hamois se situe dans le bassin de vie entourant le pôle de Ciney. Quant aux territoires centraux, ceux-ci seront déterminés selon des critères définis ultérieurement. Chaque commune disposant au minimum d’un territoire central. Néanmoins, en fonction de la définition qu’en donne déjà le SDER, nous pouvons penser que le village de Hamois ainsi qu’éventuellement celui de Natoye en feront partie. Ce qui correspond, dans les faits, aux deux grands pôles que notre commune connait en termes de service, qu’il convient dès lors de renforcer, au bénéfice de tous, en ce compris des villages avoisinants. Ce qui ne veut pas non plus dire que les autres villages seront dépourvus de tout développement visant à un meilleur cadre de vie. Le document incite explicitement au développement de services visant à la convivialité et à la cohésion social ainsi qu’au développement de solutions innovantes pour garantir à tous l’accès aux services de base. Les réflexions actuellement menées dans le cadre de la Commission Locale de Développement Rural ne nous semblent dès lors absolument pas remises en cause, mais au contraire, être encouragées.

Enfin, afin de rendre le projet le plus opérationnel possible, le SDER comprend un chapitre contenant une série d’exemples de mesures susceptibles d’être prises, à différents échelons, afin d’atteindre les objectifs.

Parmi les suggestions qui concernent plus particulièrement notre commune, nous retiendrons : une volonté de renforcer les services de base à l’échelle de la commune, tout en renvoyant les autres services et équipements à l’échelle du bassin de vie ; de favoriser les commerces de proximité dans les cœurs de village, ou encore le développement, dans les territoires ruraux, de nouvelles formes de services (services à domicile, encouragement du commerce « ambulant »,…) ; une volonté de privilégier la création de logements dans les territoires centraux, ainsi que dans le prolongement des pôles ; organisation du covoiturage à l’échelle des bassins de vie ; dans le cadre de la localisation de nouvelles zones destinées à l’urbanisation, volonté de préserver les meilleures terres agricoles pour l’agriculture ; volonté de préservation et de mise en valeur du patrimoine bâti ; volonté de recréer des lieux de rencontre au niveau des espaces publics, en y favorisant la marche, le vélo, les transports en commun ainsi que les activités de séjour.

En conclusion, même si ce document est sans doute améliorable afin de le faire coller davantage avec la réalité (ce qui est par ailleurs l’objectif de l’enquête publique ainsi que de l’avis des communes), nous nous réjouissons de l’important travail de structuration du territoire qui a été réalisé.

Outre la mise en place d’une vision sur le développement de la Wallonie dans son ensemble, nous ne pouvons que nous réjouir des retombées positives de ce document sur les territoires ruraux. Plutôt que de considérer ceux-ci comme des « laissés pour compte », nous y voyons au contraire leur avenir.

A l’instar de la Fédération rurale de Wallonie (FRW), ce document confirme le droit au développement des territoires ruraux. Comme le souligne en effet la FRW, « les habitants des territoires non centraux se voient reconnaître le droit à disposer de services de base qui seront maintenus et développés via des solutions innovantes. Ils disposent légitimement de services visant la convivialité – tels que les maisons de village – qui seront développés. Le développement économique des villages non centraux est explicitement permis ».

Par ailleurs, arrêtons de croire que « faire comme on a toujours fait » et continuer l’étalement urbain garantira l’avenir de nos campagnes. Arrêtons également de considérer qu’il faut faire la ville à la campagne, et que les infrastructures peuvent continuer à se déployer sans autre considération quant à leur emplacement.

Au contraire, nos territoires ruraux méritent une attention toute particulière pour garantir leur attractivité en services de base (écoles, épicerie,…) et y développer, le cas échéant, de nouvelles offres de service (exemple du FlexiTec qui propose une nouvelle offre de mobilité en zone rurale). L’encouragement à placer des infrastructures drainant beaucoup de personnes dans les pôles où ses personnes se trouvent déjà n’est-il pas juste du bon sens ?

Nous nous étonnons par ailleurs des arguments que la majorité de Hamois reprend à son compte qui, outre les arguments classiques liés à l’autonomie communale ou encore au clivage entre les villes et les campagnes, non autrement étayés, souligne certaines inquiétudes en ces termes : « d’un point de vue économique, si les coûts liés à la dispersion de l’habitat sont pris en compte, le document ne tient aucunement compte des coûts liés à sa concentration (de pollution, de mobilité réduite, de violences urbaines,…) » ou encore ses inquiétudes par rapport à « la condamnation de la mobilité automobile au profit des transports en commun et la promotion des « modes actifs » que sont la marche et le vélo car contradictoires avec le constat de départ du vieillissement de la population ». Une meilleure réflexion quant à l’étalement urbain doit-elle réellement faire craindre des embouteillages et une vague de violence urbaine à Hamois ? Les personnes âgées sont-elles tellement dépendantes de la voiture pour ne pas désirer un peu plus de services de proximité dans leur village ?

Le chemin à parcourir au sein de notre commune est décidément encore long…

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