Par cet avis, nous voudrions soutenir le cadre éolien établi en Région Wallonne et soumis actuellement à enquête publique.

En effet :

1. Le cadre éolien est un outil scientifique émis par des universitaires non politiques et établi en toute transparence qui fait l’objet d’une large consultation. Les autorités locales ont été consultées début de l’année, et les citoyens ont l’occasion de s’exprimer en participant à l’enquête publique. Nous nous félicitons de cette participation et de cette consultation à grande échelle, qui est loin d’exister pour toutes les matières à l’heure actuelle.

2. Le cadre éolien fixe des critères clairs et préétablis que devront rencontrer les promoteurs lors des appels à projets pour une zone bien précise, appelée « lot ». Cette procédure privilégie l’intérêt général et le cadre de vie des Wallons; elle met fin à la politique du “premier venu, premier servi” et elle obligera les décideurs politiques à se prononcer sur les projets de manière objective et non politicienne. Par ailleurs, ce cadre ne change rien à la procédure d’examen d’une demande de permis dans le cadre de la construction de ce type de projet. Les garanties en termes d’examen des incidences du projet ainsi que de consultation du public ne seront pas modifiées par rapport à la situation actuelle.

3. Ce cadre éolien ajoute également un critère «citoyen» dans la sélection des meilleurs projets. Ainsi, le Gouvernement donnera la priorité aux projets déposés qui intègrent cette dimension « citoyenne ». Les projets qui s’ouvrent à la participation financière des communes, intercommunales et coopératives citoyennes, en priorité locales, auront donc la priorité sur les autres. Voilà une belle occasion de participer à un projet déterminant pour notre avenir énergétique… et d’en redistribuer une partie des bénéfices vers la population locale !

4. Ce cadre a tenu comptes des premières remarques émises par les communes et a, à présent, reçu l’aval de l’Union des Villes et Communes de Wallonie (http://www.uvcw.be/actualites/2,129,1,0,4943.htm) et des recommandations du rapport d’étude d’incidences sur l’environnement portant sur le projet de cartographie éolienne (http://spw.wallonie.be/dgo4/eolien/dwnld/RIE%20FR/RIE_FR.pdf). Parmi les modifications, citons : un renforcement de la distance minimale par rapport aux habitations ou encore une adaptation des normes de bruit. Cette adaptation a eu pour effet de réduire les territoires concernés avec comme conséquence que les zones d’implantation potentielle des éoliennes ne concernent plus que 2 % du territoire wallon (la perte liée à l’emprise réelle au sol n’est plus que de 0,0035 % de la superficie agricole utile, soit la moitié d’une seule exploitation agricole moyenne wallonne). Par ailleurs, l’objectif de production éolienne est ramené à 3800 GWh en 2020 au lieu des 4500 GWh prévus. Le Gouvernement wallon a donc entendu les objections émises et pris l’option de réduire les objectifs en termes production éolienne (sachant que les objectifs en termes d’énergies renouvelables seront compensés par d’autres sources d’énergie) pour une meilleure acceptation par la population.

5. Le nouveau cadre éolien accorde une plus grande importance à l’impact sur la santé et le bien-être des riverains. La distance minimale par rapport aux habitations passe de 450 à 600m (4 fois la hauteur de l’éolienne), la norme de bruit est globalement plus sévère que les normes OMS (40 dBA la nuit en conditions estivales et 43 dBA en dehors de celles-ci), les effets stroboscopiques sont réduits (conformément à l’avis du Conseil supérieur de la santé), l’incidence visuelle est prise en compte pour éviter l’encerclement, tandis que l’impact sur la biodiversité est strictement limité. Au final, les règles sont plus contraignantes, pour des projets objectivement de meilleure qualité.

6. Le développement de l’éolien tel qu’il est encadré participera très positivement au développement socio-économique de la Wallonie – à l’instar du Danemark et de l’Allemagne, fabricants et utilisateurs d’éoliennes. L’éolien est aussi un secteur économique porteur d’emplois locaux. Le développement éolien entraînera entre 11.000 et 16.000 emplois directs et indirects non délocalisables à l’horizon 2030 (étude Deloitte). Le bureau fédéral du plan annonce quant à lui que : « Le potentiel de création d’emplois d’un système énergétique basé à 100 % sur les énergies renouvelables à l’horizon 2050 se situe entre 21.000 et 65.000 emplois à temps plein d’ici 2030 ».

7. L’énergie éolienne produite localement et pratiquement sans gaz à effet de serre apporte sa contribution à la lutte contre le changement climatique.

8. Pour un pays, une région qui ne possèdent pas ou plus de pétrole, de gaz, de charbon, développer la filière des énergies renouvelables est tout simplement vital ! Avec le photovoltaïque et la biomasse, l’éolien contribue à diminuer progressivement notre dépendance en approvisionnement d’énergie et à sortir enfin du nucléaire.

9. En 2012, le coût du soutien brut pour l’éolien pour un ménage moyen a été de 22 euros tandis que le bénéfice par ménage représente 5 € (réduction émissions de CO2 et diminution d’importations). Ce rapport coût/bénéfice va progressivement s’inverser. D’ici 2030, le bénéfice de l’éolien aura dépassé le coût de soutien de 30 % soit un gain d’1 milliard d’euros pour la collectivité alors que la gestion de déchets radioactifs nous endette, écologiquement et financièrement, pour plus d’un siècle !

10. Dans les cartes concernant notre commune, répartie en 3 lots, certaines zones identifiées feront sans doute l’objet d’un critère d’exclusion, ce qui est une bonne chose par rapport à avant, où aucuns critères d’encerclement ni d’interdistance entre sites n’existait et où certains pouvaient, à juste titre, s’insurger de voir apparaitre des éoliennes de tout côté. Par ailleurs, nous nous réjouissons du fait que sera prochainement offerte la possibilité, aux habitants, de pouvoir souscrire eux-mêmes au capital de ces éoliennes.

Pour la locale,

Fabrice Lagneau et Marlène Moreau

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